Le Marais poitevin est un ensemble écologique sensible et d’une rare richesse. Dédale de douves qui se croisent et s’entrecroisent, de terres cultivables et de chaussées verdoyantes, il offre une multitude de paysages, tous reliés par des canaux façonnés de la main de l’homme. En Sud Vendée Littoral, on distingue trois paysages de marais : le marais maritime, le marais desséché et le marais mouillé. Tour d’horizon…

Le Marais poitevin repose sur l’ancien golfe marin des Pictons. Site classé et protégé, il est la deuxième plus grande zone humide de France. Le territoire est progressivement et partiellement abandonné par l’océan, et façonné par les hommes au fil du temps. Il s’est ainsi comblé de sédiments, formant une grande étendue sauvage d’environ 112 000 hectares. Il offre une diversité d’espèces et d’oiseaux remarquables à observer des nombreux points d’observation aménagés. Car les activités de pleine nature sont diverses dans cet immense théâtre de verdure : promenade en barque, pêche, randonnée à pied ou à vélo, visite du patrimoine culturel et architectural, activités nautiques… Autant de loisirs qui vous plongeront dans un univers magique.

Le golfe des Pictons

Le golfe des Pictons est le nom d’un ancien golfe de l’océan Atlantique. Il se trouvait sur les départements actuels de la Charente-Maritime, des Deux-Sèvres et de la Vendée. Nous sommes alors en -8 000 avant notre ère. Pour vous donner une idée, Saint-Michel-en-l’Herm et Chaillé-les-Marais étaient des îles, la pointe de l’Aiguillon n’existait pas. De même, l’océan arrivait jusqu’aux portes de Niort. Voilà pour le « golfe ».

Les « Pictons » renvoient quant à eux à une tribu écossaise. Ils s’installent sur les îles calcaires du golfe en -700 avant l’ère commune. Il faudra attendre le Moyen Âge pour que le golfe commence à se combler. Au départ par sédimentation naturelle, puis par l’action de l’homme qui entreprit la conquête de terres sur la mer par des travaux d’endiguement, de remblaiement et assèchement. C’est ce que l’on appelle la poldérisation. Petit à petit le golfe des Pictons laissa place à l’ensemble écologique du Marais poitevin. Aujourd’hui, la Baie de l’Aiguillon est le dernier vestige du golfe !

Le Golfe des Pictons, aux alentours du 2ème siècle avant J.-C.

Dans le Marais poitevin, l’eau s’achemine du bassin versant en amont, vers la Baie de l’Aiguillon et au Pertuis Breton situés en aval. Entre les deux, le marais mouillé, paysage emblématique de la Venise Verte et le marais desséché, une zone non inondable, façonnent un paysage captivant.

Le Marais Maritime

Schéma des paysages du Marais poitevin : Le marais maritime correspondant à la Baie de l'Aiguillon

La partie maritime se limite à la Baie de l’Aiguillon. Elle représente tout ce qu’il reste du golfe des Pictons. Aujourd’hui cet ensemble est classé réserve naturelle nationale. Ce qui permet de protéger, de gérer et de faire découvrir ses richesses au grand public. Le territoire est composé de prés salés (les mizottes), de vasières et de dunes. L’influence des marées en fait un ensemble en constante évolution.

La Pointe d’Arçay

Avec la Baie de l’Aiguillon et la lagune de la Belle Henriette, la Pointe d’Arçay s’inscrit dans l’ensemble des sites naturels littoraux du Sud Vendée. Ceux-là ayant un fort capital écologique ! Pour découvrir l’incroyable biodiversité du site, contactez l’Office national des forêts (ONF) ou l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). Participez à leurs visites guidées gratuites en juillet et en août ! Vous pouvez aussi en découvrir les spécimens exceptionnels depuis l’observatoire de la Rade d’Amour ou bien encore par la mer en longeant la pointe en bateau ou en canoë.

Le Marais desséché

Schéma des paysages du Marais poitevin : Le marais desséché avec ses polders, canaux et îlots calcaires

Le marais desséché est la zone rétro littorale qui a été asséchée. D’une part par la sédimentation naturelle du golfe, d’autre part par un savant système hydraulique conçu par l’homme pour réguler le passage de l’eau. Cette partie du Marais poitevin est donc protégée des inondations par la digue de front de mer et tout un réseau de levées et points hauts comme les îles calcaires. Le marais desséché offre de larges paysages de prairies et de terres cultivées bordées par de nombreux fossés et canaux.

Les ouvrages hydrauliques

C’est grâce aux ouvrages hydrauliques tels les portes à flot, les vannes, les écluses ou encore les bondes, que le dessèchement du marais s’est accéléré par l’entremise des hommes. Certains d’entre eux, les maîtres des digues, avaient un rôle crucial dans la gestion de l’eau et l’entretien des marais. Ce riche patrimoine hydraulique est donc indissociable du Marais poitevin et émaille tout le territoire. Amusez-vous à les compter au gré d’une balade !

Le Marais mouillé

Schéma des paysages du Marais poitevin : Le marais mouillé avec ses communaux et prairies humides

Cette zone humide est indéniablement la partie la plus connue du Marais poitevin. Il suffit de citer la fameuse « Venise Verte » pour raviver l’image de la promenade en barque dans un paysage tamisé par l’épais feuillage qui borde les canaux ! Mais le marais mouillé ne se limite pas qu’à la « Venise Verte ».

Sur la Destination Sud Vendée Littoral elle englobe les communaux et les prairies inondables ! Le tout est entrelacé de kilomètres de fossés, de conches et de canaux creusés par l’homme. Il est ainsi possible de circuler, maîtriser l’écoulement de l’eau et en tirer profit pour les cultures !

Les communaux

Ce sont de grandes prairies naturelles inondables. Elles sont utilisées pour le pâturage collectif des troupeaux. Ils offrent aussi le gîte et le couvert aux oiseaux migrateurs. Certains peuvent s’étendre sur plus de 300 hectares. Des vestiges du passage de l’océan et des fleuves se matérialisent pas des creux, les « baisses » et des parties plus hautes, les « belles ».

Les embarcadères

Trois embarcadères permettent de partir à l’aventure dans le labyrinthe du marais mouillé ou desséché au Gué-de-Velluire, à Mareuil-sur-Lay-Dissais et à Triaize. Les trois sites proposent des locations de barques, canoës, pédalos. Alors choisissez votre embarcation, enfilez votre gilet de sauvetage, un goûter dans le bidon hermétique et en route…

Pour aller plus loin…

À Chaillé-les-Marais, la Maison du Maître de Digues invite à découvrir la vie de Frédéric, de la lignée des Collardeau, qui ont exercé de père en fils la fonction de maître de digues pendant pratiquement tout le XIXe siècle. C’est au cœur du marais desséché que le maître de digues officiait avant l’automatisation de la gestion hydraulique. Il veillait et faisait veiller à la bonne conservation des canaux, ponts et écluses. Aussi il représentait à lui seul la volonté de toutes ces générations d’hommes qui, à travers les siècles, luttèrent pour domestiquer l’eau et faire plier la nature. La fonction du maître de digues était une fonction délicate car elle demandait une connaissance profonde du territoire et une autorité indiscutable pour régler les nombreux différends entre les marouins (habitants du marais desséché) et les maraîchins (habitants du marais mouillé).

L’écomusée ouvre les portes du logement de fonction du Maître de Digues. Découvrez l’habitat, le métier et le quotidien de Frédéric Collardeau ! Avec un guide en costume et des couvre-chefs d’autrefois, les enfants apprennent de façon ludique le quotidien du Maître de Digues… Prenez aussi le temps de regarder la digue évoluer au fil des saisons et écoutez les sons du marais. L’immersion est complète !